[...]
Puntila : << Ce qui est encore pire, c'est que pendant ces accès de sobriété totale, insensée, je tombe carrément au niveau de la bête.
A ce moment-là, je n'ai plus la moindre inhibition.
Ce que je fais dans cet état, frère, on ne peut vraiment pas le porter à mon compte.
Pas si on a un c½ur dans la poitrine et si on n'oublie pas de se dire que je suis malade. Je suis alors pleinement responsable de mes actes.
Tu sais ce que ça signifie, frère, responsable de ses actes ?
Un homme responsable de ses actes et un homme de qui on peut tout craindre.
[...]
Matti,
après avoir fait quelques pas :
Et maintenant, restons-en là
Longue vie, maître Puntila.
Tu n'es pas le pire de ceux que j'ai connus
Car tu deviens presque un homme après avoir bu.
Le pacte d'amitié était un faux contrat
L'ivresse fuit. Le quotidien crie : Qui vaincra ?
A quoi bon gaspiller des larmes inutiles,
Pourquoi verser un pleur sous prétexte que l'huile
Jamais ne réussit à se mêler à l'eau :
Il est temps que tes valets te tournent le ds.
Un bon maître, ils en auront un
Dès que chacun sera le sien. >>
Maître Puntila et son valet Matti
Bertolt Brecht
Le théâtre, mes amis ... le théâtre ...